Comment sonner comme un bon vieux gros briscard d’étalonneur ?

Comment sonner comme un bon vieux gros briscard d’étalonneur ?

Préambule :

Ceci est un article pour m’amuser. J’ai beaucoup écrit ces derniers temps, des trucs très sérieux. Depuis quelques années, je m’intéresse à l’histoire de la couleur et ses applications dans divers domaines. J’ai un papier de recherche en cours de relecture par les pairs (juin 2026) et plusieurs articles pour mon site principal, qui sont sur mon ordinateur actuellement (mais j’ai besoin de voir encore l’organisation du site avant de publier (surtout que je n’ai pas encore tout écrit)). Entendre parler d’étalonnage, ça me gave : c’est imprécis, sans rigueur, trop simple, la technique ne laisse pas transparaître toute la richesse de ce que l’on peut dire des couleurs.

Avant la disparition de ce site, je souhaitais rédiger un dernier article pour m’amuser un peu. Premièrement car le sujet intéresse à la fois les personnes avec qui je travaille, mais aussi les étudiants ! Je vais vous présenter quelques manières de parler pour sonner comme un bon gros vieux briscard d’antan. Parce que les termes des logiciels ne sont pas valides ! Surtout si vous les utilisez en français #Resolve. Ca, il faut arrêter ! Deuxièmement, pour vous annoncer la clôture de scopeoclock.fr.

NB : Même si je me suis habitué à l’écriture académique ces dernières années, nous ne sommes absolument pas dans ce cadre ici. Ainsi, je discourrai comme un gueux.

NB 2 : Et comme ceci n’a aucune valeur académique et que je m’amuse, je discourrai comme un vieux con de gueux. Certaines digressions seront récréatives et hors de propos.

Bon… Commençons :

Il s’appelait Resolve


Baselight 6.0 Grade X

Majoritairement, aujourd’hui, je rencontre des personnes qui parlent de « DaVinci », ou qui l’écrivent « Davinci » (peut-être à cause du correcteur orthographique qui fait tant de dégâts du point de vue d’un conservateur de la langue, les philologues s’en moquent).

Seulement, « Da Vinci » était à l’origine l’entreprise qui développait le système d’étalonnage « Resolve » (avec des sous-noms différents) ou qui développait le logiciel « Resolve 2K » avec sa version gratuite « Resolve 2K Lite » plus tard racheté par BlackMagic (clique sur l’image ci-contre pour plus d’infos). De plus, un vieux gars ajouterait un article avant le nom du logiciel, afin de le substantifier en un sens. Ainsi, un vieux briscard dira plus facilement « Le Resolve a planté » plutôt que « Davinci a crash ».

NB : Préférer les termes français malgré la profusion de l’anglais est une bonne manière de montrer qu’on a compris de quoi on parle sans imiter votre prochain, par distanciation. Pour vous fondre dans une communauté, vous pouvez toujours utiliser les termes anglais.

PS du § : L’ajout du « Le » avant le nom du logiciel me semble encore majoritaire dans la communauté des utilisateurs du Baselight. Il ne faut pas faire chier l’élite de la crème des pontes obséquieux. 🫢 Je crois en faire partie 😭 quoique… ne le fais-je que paraître ? 🤔

Onglets/Pages du Resolve


Là aussi un changement de paradigme (on l’entend tout le temps en conférence ces dernières années, pourquoi pas ici ?) montre l’évolution rapide des utilisateurs du Resolve :

Jadis nous parlions de la salle Media, ConformColor, et Delivery.

Au jour d’aujourd’hui du lendemain d’hier, on entend plutôt parler des onglets MediaPhotoCutEditFusionColorFairlightDelivery.

Mais hier plutôt qu’aujourd’hui, on a aussi entendu parler des pages MediaEditFusionColor, FairlightDelivery.

Conséquemment, pour paraître vieux briscard qui a connu le Resolve au moins dans sa version 9 ou 10, il faudra dire salle. En anglais « room » fonctionne aussi.

Et alors si vous venez d’entrer sur le marché et que vous dites « on va vérifier la conformation dans la salle Conform du Resolve avant le dépétouillage (cf plus bas dans la page) », je vous promets pléthore de regards écarquillés ! Ou au moins songeurs.

Baselight 6.0 Grade X

Les Masques


Baselight 6.0 Grade X

« Power Window » ? Bravo vous savez lire ce qui est écrit dans le Resolve !

« Masques » ? Hum… c’est usuel, bateau, fade, sans saveur, d’une vacuité de l’esprit dont nous ne retrouvons le pareil que dans le néant.

Mais avez-vous déjà entendu parlé des « patates » ? Dans le jargon de l’étalonneuse et de l’étalonneur, c’est le bon terme ! Parfois, il y a des gens des FX qui l’utilisent aussi, mais ce n’est pas majoritaire.

 

– Mais Jamy, pourquoi on dit « patate » ?

– C’est très simple Fred, les masques ont souvent une forme patatoïdale.

 

Patatoïde : formé du radical « -patat- » qui rappelle notre féculent préféré, puis du suffixe « -oïde » qui signifie « à peu près », terme proche de l’ellipsoïde. Un peu comme un astéroïde qui a à peu près la forme d’un astre car il n’est pas assez massif pour avoir une forme sphérique, avec un effort cognitif intense ça y ressemble suffisamment. Ce mot existe dans le dictionnaire. Si si, cherchez bien.

PS : Je n’ai jamais entendu un anglophone parler de « potato » par contre 😐, mais faites-le quand même ! C’est drôle.

Les « Nodes »


Je ne vais pas refaire la blague de la lecture du logiciel, mais j’ai vraiment envie. #PaieTaPrétérition

Dans la version anglaise originale du Resolve, il est écrit node pour ces éléments qui permettent l’ajout de corrections. Certaines personnes l’importent directement de la langue de Shakespeare #SecoueTaPoire et le mettent au féminin : une node. D’autres au masculin : un node.

Il y a aussi ceux qui font l’effort de le traduire : un nœud. Ce qui est pertinent dans le cadre de correcteurs organisés dans une arborescence dite nodale.

Personnellement, je suis plutôt partisan de calque qui, dans l’historiographie du coloris, a plus de sens. Vous pourriez me rétorquez : « ouiiiii, mais y’a autre chose qui s’appelle Layer dans le Resolve, tu peux pas utiliser calque ! ». En fait si, ce que Blackmagic a choisi d’appeler Layer dans la version anglophone peut être traduit par couche. Ce qui me semble plus pertinent. Et je crois me souvenir que c’est à peu près le cas selon l’endroit où on regarde dans le logiciel.

Je ne pense pas que « calque » entre dans la filiation du vocabulaire du briscard, mais à retenir quand même. Ici, nous sommes plus proche du jeune con qui apprend aux anciens pourquoi ils se trompent. Des cons, il y en a à tout âge. Evidemment, le con est toujours l’autre. Se remettre en question, c’est so académique quoi. #PaieTonÉpochè

Baselight 6.0 Grade X

Coloriste ou Etalonneur(euse) ?


Ces dernières années, et surtout du côté Etats-Unien, nous sommes de plus en plus nommé(e)s « coloriste ».

Sauf qu’historiquement, ce n’est pas le même métier. La ou le coloriste procède à la colorisation qui est une étape de la restauration. C’est-à-dire qu’à partir d’une image bichrome (ou monochrome ou noir et blanc, mais dans la recherche c’est « bichrome » qui est préféré car il y a du noir + du blanc), la ou le coloriste va venir ajouter artificiellement les données de chrominance à celle-ci. Contrairement à l’étalonneur(euse) qui va plutôt transformer des données pré-existantes afin de, principalement, les équilibrer.

NB : Je ferais bien une parenthèse sur « colour grader », mais le briscard ne parle pas anglais.

Certes le métier évolue et les outils accentuent la porosité entre les deux approches. Mais si nous prenons le temps d’identifier l’historicité de chacune, il est bon de ne pas confondre les deux appellations.

Il est fort à parier que nous finirons par être appelés « coloristes » avec l’usage. Administrativement par contre, la ligne « étalonneur » des conventions collectives va plutôt perdurer, il faudrait vraiment une utilité, quelle qu’elle soit, pour que ça change. Il n’est pas question de bon vieux gros briscard ici, simplement d’évolution des mots utilisés ce qui est plus ou moins le sujet, n’est-ce pas ?

Quel sera votre camp ?

Les « Espaces Colorimétriques »


Baselight 6.0 Grade X

Commençons pas citer Munsell, car nous sommes des personnes cultivées transcendées par les couleurs dont les représentations n’ont cessé d’évoluer au travers des siècles :

FALSE COLOR BALANCE. There is a widely accepted error that red, yellow, and blue are “primary,” although Brewster’s theory was long ago dropped when the elements of color vision proved to be RED, GREEN, and VIOLETBLUE.

Albert H. Munsell

A Color Notation, Appendix to Chapter III

Contextuellement, cette citation vient réfuter la conception picturale du mélange rouge, jaune, bleu. Il y a eu des recherches au cours de l’histoire pour réduire l’ensemble des couleurs à des fondamentales qui permettraient de représenter toutes les autres, en commençant par François d’Aguilon avec l’Opticorum Libri Sex au début XVIIe dont Rubens a dessiné les schémas. Ce n’est pas le sujet, mais il est assez difficile de réduire l’ensemble des couleurs à ce que l’on appelle aujourd’hui des primaires. C’est un champ de recherche assez fascinant qui nécessite de faire appel à notre amie Parcimonie, mais elle est partie en vacance. Ce n’est que partie remise.

Il s’avère que depuis James Clerck Maxwell, la communauté scientifique s’accorde pour affirmer que les couleurs primaires sont un rouge, un vert et un bleu. C’est ce qu’affirme ici Munsell en réfutant la triade rouge-jaune-bleu largement admise au début du XXe, Maxwell en avait fait la démonstration à peu près un siècle plus tôt dans Experiment on Colour, as perceived by the eye, with remarks on colour-blindness (1804).

Note de bas de page mais en plein milieu : La référence à Brewster semble faire écho (dans le texte de Munsell) à un système d’impression filmique polychrome du début du XXe dont l’application montre le fonctionnement de la triade rouge-vert-bleu. Maxwell l’avait montré avant de façon expérimentale

Espace Colorimétrique, c’est un peu la même chose : tout le monde le dit mais c’est n’imp. Pourquoi ?

D’abord « colorimétrique ». Si nous décomposons le mot, nous avons bien le radical « color- » pour la couleur ce qui correspond à la racine latine colore. Le suffixe « -métrique » réfère, lui, à la mesure. Sauf que la mesure d’un point de vue épistémologique est un instant bien précis : celui pendant lequel nous capturons l’information pour la transformer en donnée. L’information est la grandeur physique, la donnée est l’information captée et traitée pour être comprise par notre cerveau d’homo-sapionce, puis enregistrée. L’information est volatile, la donnée est persistante. A l’étalonnage nous consultons et transformons des données représentées de différentes manières : sur une image, sur un oscilloscope etc. Ces données sont certes issues d’une mesure, mais est-il pertinent de continuer à invoquer la mesure avec tous les traitements que l’information a subi ? Utiliser l’adjectif chromatique me semble plus sage. La « colorimétrie » est pertinente avec un système de captation de l’information : une caméra, un colorimètre, un spectromètre toussa toussa.

Maintenant : « espace ». Souvent espace va pointer vers des trucs comme Rec709, P3-D65 et les mélanger avec d’autres trucs qui n’ont rien à voir comme LuvDCI X’Y’Z’. Remettons de l’ordre dans cette cacophonie. L’espace doit faire référence à la géométrie en jeu, c’est-à-dire s’il s’agit d’une représentation dans un cube comme pour le modèle RGB, un cylindre comme pour le Lab, ou un cône pour le LCH etc. L’espace n’est qu’un élément parmi d’autres pour définir un modèle car l’échelle peut varier en étant linéaire ou logarithmique. Les coordonnées peuvent être différentes en étant cartésiennes ou polaires. L’espace chromatique est une forme géométrique dans lequel on représente les données de couleurs. Tout ce qu’on appelle Rec709, P3, Aces cc, Arri Wide Gamut**, nous pouvons les appeler gammes ou plages chromatiques quand on les lit sur un diagramme de chromaticité. Si on veut mettre l’accent sur une représentation tridimensionnelle, nous pouvons parler de volume chromatique à l’image du volume optimal de Schrödinger.

Enfin, si vous voulez associer une gamme à un gamma et à un illuminant, comme dans le BT1886, il faudra alors parler d’un standard ou d’une norme.

Par conséquent, Rec709, P3 toussa toussa, sont des gammes chromatiques ou des volumes chromatiques (vous pouvez remplacer chromatique par de couleur mais ça sonne un peu lourd à mon oreille). Tout ce qui est CIE XYZ, L*u*v*, HSL, LCH, OKLAB, ce sont des modèles chromatiques qui ont besoin de caractéristiques géométriques pour être définis dont l’espace qui est toujours euclidien. Il y a eu des tentatives pour introduire des géométries non-euclidiennes mais trop tard, l’industrie était déjà lancée.

PS : Là aussi ça n’a pas grand chose à voir avec le briscard. C’est plutôt ma recherche en histoire de la couleur qui parle.

PS2 : Dans d’autres circonstances (notamment avec E. Chevreul), la gamme va plutôt définir l’ensemble des variations que l’on rapporte à un mot qui réfère à une couleur. Exemple : la gamme des rouges. Cette définition est proche du langage commun, la « gamme chromatique » peut se rapporter plutôt à un jargon du signal vidéo.

 

ESPACE COLORIMÉTRIQUE = PAS BIEN

Un chaton meurt à chaque fois que quelqu’un dit « espace colorimétrique », bon sang de bonsoir !

** La différence entre une gamme et un gamut : la gamme couvre une certaine plage du diagramme de chromaticité, le gamut couvre une certaine plage de la gamme. C’est pour ça que les marques clament que leur écran peut couvrir 93% du Rec2020, par exemple. Le gamut est un terme emprunté dont l’usage est appliqué à d’autres contextes, notamment pour la technologie d’une caméra numérique, mais sans réel fondement (voir FAQ du site d’Arri). C’est gamut qui a été utilisé car il n’y avait pas de mot, c’était le plus proche.

La projection de dépouillage


Vous savez cette projection test d’équipe qui consiste à dépouiller un film des problèmes qui restent. Vous pouvez l’appeler « dépouillage » comme un macaque qui retirerait les poux de son voisin ou de sa voisine. #Pas2SexismeIci

Avant on entendait plutôt « la projection de dépétouillage ». Pourquoi ? Parce que comme sur un pare-brise, on cherchait les p’tits pètes afin de les enlever.

Et pour apprendre à enlever les p’tits pètes, on va faire des perruques.

 

 

 

 

 

😱 Mais c’est ce qu’on appelle un cliffhanger !

Conclusion


Que retenir ? Et bien : On s’en fiche. Il me semble qu’il est bon de le savoir pour soi. Mais comme pour les arts de la table, pour éviter de mettre votre interlocuteur mal à l’aise et transmettre une bonne image, il faut s’adapter. Couteau à gauche et fourchette à droite avec les dents vers le haut ? Pas grave, dites « Davinci » à la place de « le Resolve ». Tant que la session d’étalonnage se passe bien.

Mais si vous pouvez briller en société en étalant votre connaissance qui dépasse celle du quidam moyen, pourquoi s’en priver ? 😈

Conclusion 2 le retour


Le site va fermer. Je l’ai déjà drastiquement réduit pour migrer ailleurs, je ne m’en occupe plus. Ici je parlais plutôt d’étalonnage, mais j’ai découvert différents champs de recherche autour de la couleur il y a quelques années que je trouve bien plus stimulants.

Je vous invite donc à sauvegarder les articles qui vous intéresse. Le site devrait vous permettre d’afficher le lecteur de votre navigateur, puis vous pouvez en faire un PDF, pour conserver une information que vous trouveriez importante mais qui disparaîtra soit en fin d’année 2026, soit l’année prochaine. Je ne me suis pas encore décidé.

Je vous invite à consulter également mon site principal actuel : ledlaire.fr sur lequel je compte écrire des articles sur la connaissance autour des couleurs en incluant de nombreuses disciplines et les faire dialoguer (Peinture, Cinéma, Phénoménologie, Physique, Biologie, Neurologie, Sociologie, Philologie, toussa toussa…). Ces articles plutôt destinés à mes élèves seront en libre accès en complément des cours.

Ce n’est pas encore fait, mais ça arrivera un jour ou l’autre… 

En espérant que vous ayez apprécié la lecture de ce texte empli de bonté d’âme et sans aucun scrupule pour la bienséance.

CC-BY-SA

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C’est en parcourant le site de Filmlight que je suis tombé sur ce PDF qui annonce la prochaine monture du logiciel Baselight dans sa version 6.0 !

« Redéfinir les possibilités des étalonneurs professionnels » est le slogan pour introduire les nouvelles fonctionnalités. A ce jour, il n’y a pas de vidéo de présentation. J’essaierai d’être bref dans la présentation des nouveautés.

Outils d’Etalonnage


 

Baselight 6.0 Grade X

X Grade

Ce nouvel outil permettra de sélectionner plusieurs zones et y appliquer des corrections sans avoir à créer une multitude de calques de sélection, matte etc. La représentation de l’outil ressemble beaucoup à un diagramme de chromaticité. L’illustration montre que X Grade sera le bon outil à utiliser pour faire ressortir une zone de l’image plutôt qu’une autre, le PDF sous-entend qu’il sera très facile aussi de compresser une tonalité. J’ai tout de suite penser à ces projets avec des reflets de différentes couleurs sur la peau d’un personnage. Si la correction est moins fastidieuse, je prends 🙂

Chromogen

Il s’agit d’un outil de génération de LUTs avec sa gestion de calques à part entière. Il permet de mieux s’adapter aux dynamiques étendues des caméras contemporaines. Chaque nouveau calque sera appelé une étape (stage). Il y a beaucoup de descriptions dans le PDF, c’est un outil de création de LUTs. Je me demande simplement si Chromogen sera aussi disponible dans Daylight, car l’outil serait vraiment pertinent avec ce logiciel.

Baselight 6.0 Chromogen
Baselight 6.0 Curve Grade

Curve Grade

L’outil Curve Grade a été repensé pour plus de précision. Les histogrammes s’affichent derrière les outils. Ceux-ci se basent sur une mise à l’échelle de la courbe (non linéaire donc) afin de garantir l’uniformité et la stabilité des corrections de l’image.

Hue Angle

L’outil Hue Angle apporte quelques améliorations, notamment l’affichage d’histogrammes afin d’effectuer des sélections plus précises.

Baselight 6.0 Hue Angle
Baselight 6.0 Face Track

Face Track

Baselight met en avant un outil qui détecte automatiquement un visage afin d’optimiser les corrections de carnation et autres sur un visage. Espérons que ce sera plus fiable que le Face Refinement de Resolve.

Timeline et Organisation


 

Baselight 6.0 Montage

Montage

S’il y a bien quelque chose que je n’aimais pas avec Baselight, c’est le Edit Mode qui nécessite systématiquement de retourner dans le menu pour passer de la fonction Ripple à Overlap et inversement etc (parce qu’il n’y a pas vraiment de raccourcis clavier…). Comme vous pouvez le voir ci-contre, l’outil a été complètement repensé pour accéder aux fonctionnalités plus rapidement, et avec des raccourcis clavier !!

Calques

Un nouvel affichage des calques permettra de mettre en valeur l’arborescence nodale des corrections et donc mettre en valeur les sources utilisées pour certaines corrections. Si une correction a recours à des calques reference ou shape, il sera possible de les replier sous un seul calque pour éviter d’avoir trop de calques et nettoyer la vue.

Baselight 6.0 Calques
Baselight 6.0 Pistes

Pistes

La timeline de Baselight prend désormais en charge les pistes pour catégoriser les différents calques : Il pourra y avoir une piste avec les corrections de couleur, une piste avec les transformations géométriques, une pistes pour les effets comme un remplacement de ciel etc. Les pistes pourront être étendues ou réduites pour se concentrer sur ce qui nous importe.

Cette fonctionnalité permet aussi de mettre en avant l’affichage des pistes audio avec l’affichage du signal (forme d’onde).

Recherches et Galeries

La gestion des métadonnées au sein d’une galerie sera améliorée afin de permettre des recherches en tapant directement du texte. Les filtres aussi semblent améliorés pour effectuer ces recherches.

Baselight 6.0 Galeries

Effets et Autres outils


 

Baselight 6.0 Couche Alpha

La Couche Alpha

Baselight met aussi en avant l’intégration des couches alpha au signal des médias importés pour simplifier la création de plans composés. La couche alpha doit être traitée séparément actuellement.

Bokeh et Depth Map

Un effet Bokeh est mis en avant conjointement avec un Depth Map pour mettre en avant la possibilité de modifier proprement la profondeur de champ en post-production, certainement. La réduire en tout cas.

Baselight 6.0 Bokeh Depth Map
Baselight 6.0 Correction de Contour

Correction de Contour

Un nouvel outil de correction de contour qui ne prendra pas en compte l’espace colorimétrique et ne s’appliquera que sur le signal de luminance. La correction limitera son effet sur les zones à fort contraste pour éviter les contours trop prononcés (ringing) et évitera les zones sombres pour éviter l’accentuation du bruit.

Lens Flare

Le logiciel embarquera un effet Lens Flare intégré, qui fera certainement parti des shaders. A moins que ces effets ne soient renommés.

Optical Flow

Baselight Intègrera un outil d’interpolation d’images par Machine Learning : Real-Time Intermediate Flow Estimation (RIFE).

Loupe

Une loupe permettra de grossir l’image afin de voir plus finement les détails, comme manipuler les patates.

Et puis…

T-CAM v3

Support du HDR via l’interface utilisateur

Consolidations et transcodes

Flow Blend

et d’autres…

Filmlight annonce également que cette nouvelle version du Baselight sera plus performante sur les Macs ARM (Baselight Look) pour les différentes avancées en machine learning annoncées.

Conclusion


Beaucoup de choses pour ce nouveaux Baselight 6.0. Il faudra attendre pour des annonces plus riches et une date de sortie du logiciel. Je n’ai trouvé aucune autre informations à ce jour.

N’hésitez pas à aller lire le PDF de présentation pour des informations plus détaillées !

Cinématographiquement…

CC-BY-SA

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Présentation

Particularités

Eazeye nous présente un écran dépourvu de rétro-éclairage. La première option est d’avoir une source de lumière derrière l’écran comme présenté dans la vidéo ci-dessus, comme devant une fenêtre. L’autre option est d’installer une surface réfléchissante amovible afin de diriger au mieux la lumière au travers des couches LCD. L’utilisation classique est de placer cette surface le long de l’écran pour réfléchir la lumière, à l’image des autres écrans RLCD. Mais si les sources de lumières sont en hauteur, il est possible de pivoter cette surface pour la rediriger vers nos yeux au travers des couches LCD.

Dans le cas où il n’y a pas de lumière ambiante, un interrupteur permet d’éclairer la surface réfléchissante et d’utiliser l’écran comme un écran LCD classique. Pour faire varier la luminosité, le menu de l’écran semble permettre de l’ajuster à l’image d’un écran classique.

 

Caractéristiques

Cet écran est plutôt orienté vers une utilisation de bureautique. Il n’est pas possible de l’utiliser pour un retour vidéo qui nécessite une précision de studio.

Définition : 1920×1080

Diagonale : 24 »

Rafraîchissement : 75Hz

Ports : HDMI & VGA

Aucune information concernant la restitution de couleurs n’est visible sur le site officiel. Mais je pense pouvoir estimer un sRGB 8bit de base si on se réfère au million de couleur indiqué par la marque.

La température de couleur dépendra de la lumière ambiante. Lors de l’utilisation de l’éclairage LED pour compensé le manque de lumière, la présentation laisse supposer une température de 6500K pour se conformer à l’utilisation classique.

 

Conclusion

Cette technologie présente toujours le même intérêt écologique en permettant, tout de même, de pallier à l’éventuel manque de lumière ambiante. Eazeye avait lancé une campagne KickStarter et permet actuellement les précommandes en passant par leur site (février 2023).

 

Je vous laisse, ci-dessous, des vidéos de présentation pour mieux connaître le produit.

Cinématographiquement…

CC-BY-SA

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Tangent Warp Engine

Tangent Warp Engine

Si vous êtes utilisatrice ou utilisateur d’un pupitre de Tangent (Wave, Elements, Arc etc) car vous aimez sa compatibilité avec l’ensemble des logiciels d’étalonnage, vous regrettez peut-être de ne pas pouvoir utiliser l’Offset de Resolve ou contrôler Symphony dans Avid Media Composer : le Warp Engine peut faire devenir vos rêves réalité.

Un article a été publié par Chris Rose (employé à Tangent) sur le forum Lift Gamma Gain pour présenter un outil encore en développement afin de configurer un pupitre Tangent et lui attribuer de nouvelles fonctions. Commençons par la vidéo de présentation puis un petit résumé.

Présentation

Vous retrouverez cette vidéo de présentation sur le forum que j’évoquais en introduction. Mais pour résumer, le Warp Engine est une extension à ajouter à l’utilitaire Tangent Hub optionnel sur macOS mais obligatoire sur Windows pour utiliser les pupitres. Cette extension va utiliser les coordonnées du pointeur de la souris et effectuer une action que vous configurerez à l’image d’Apple Script ou de l’utilitaire Super Macro sur Windows. Une fois les coordonnées du pointeur indiquées, vous pourrez demander au Warp Engine d’effectuer un clic, un déplacement, ou un coup de molette pour reproduire l’effet via votre pupitre.

Avantages

  • pouvoir ajouter des contrôles à n’importe quelle application en utilisant votre pupitre/surface de contrôle. Exemple : l’OffSet de Resolve ou même ajouter un jog/shuttle dans Word ;
  • Ce qui implique de pouvoir contrôler de nouvelles applications jusque-là incompatible avec les pupitres Tangent. Exemple : Avid Symphony, Excel.

Inconvénients

Comme l’outil n’interagit pas avec le code du logiciel mais avec les coordonnées de la souris, cela implique quelques petites auxquelles faire attention :

  • La configuration dépend de votre interface et ne fonctionnera que sur une seule station. Les coordonnées devront être reconfigurées pour une autre station de travail ;
  • L’interface du logiciel devra rester la même ! Si, par exemple, vous avez l’habitude de garder une fenêtre flottante quand vous utilisez Symphony, elle devra rester exactement à la même position. Sinon plus rien ne fonctionnera ;
  • Vous ne pouvez effectuer qu’une action à la fois… Les pupitres, par défaut, permettent de modifier plusieurs caractéristiques de l’image en même temps. Cependant le Warp Engine utilise la position de la souris pour effectuer une action, cette même souris qui ne peut pas être à deux positions en même temps.

Conclusion

Tangent Warp Engine permet d’ajouter des fonctions aux pupitres bridés jusqu’alors, pour le peu de mettre les mains dans le code et configurer ces nouvelles fonctions comme présenté dans la vidéo ci-dessus.

Pour la fonction Offset de Resolve, n’oubliez pas que des potentiomètres réalisent déjà cette fonction si vous avez un Tangent Elements. Et si le Warp Engine vous devient indispensable, n’oubliez pas qu’il faudra le configurer sur autant de station que vous utilisez.

Post-Scriptum

Comment connaître les coordonnées de position du pointeur de ma souris ?

Windows

Avec Windows, rendez-vous dans vos paramètres de souris :

Paramètres (Win+I) \ Périphériques \ Souris

Tout en bas de cette page, sélectionner Options supplémentaires de la souris. Dans la fenêtre qui apparaîtra, sélectionnez l’onglet « Options du pointeur ». Vous pourrez cocher une case qui vous permet d’afficher les coordonnées du pointeur en maintenant la touche CTRL enfoncée.

macOS

Avec macOS, pas besoin de changer quelconque paramètre. Utilisez le raccourcis clavier ⇧⌘4 comme si vous vouliez faire une capture d’écran. Une croix apparaîtra avec les coordonnées de votre curseur. Un simple clic permet d’annuler la capture d’écran.

Cinématographiquement…

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Filmlight mettait à disposition une version gratuite de son célèbre logiciel d’étalonnage BaseLight : « BaseLight STUDENT ». Avec le déploiement des version 5.3 de la famille de logiciels de l’éditeur, ce dernier a été remplacé par « BaseLight Look ». Voyons les différences/nouveautés.

Depuis plusieurs années maintenant, BaseLight n’est développé que pour Linux. Seules les version « Editions » et « Student » étaient disponibles sur macOS (sans considérer les autres logiciels). La version Student était la version gratuite distribuée par FilmLight pour permettre aux étalonneurs de continuer à pratiquer sur leur logiciel en dehors des productions ou d’avoir un support lors de formations. La licence était valable 3 mois à renouveler manuellement auprès de FilmLight. Le logiciel avait quelques rares limitations d’outils et uniquement la possibilité d’exporter en séquence d’images JPEG 8bit et une vidéo encodée avec le codec AVC.

Pour connaître l’actualité du logiciel BaseLight, je vous recommande la chaîne YouTube de Luke Ross qui partage des astuces et des autos sur le logiciel.

Les nouveautés

Compatible Macs M1

La nouveauté des version 5.3 des logiciels FilmLight est la compatibilité avec les puces ARM M1 des ordinateurs Apple.

Le point positif : s’entraîner dans le train.

Les Exports BLG

Les BLGs (BaseLight Grade), sont des fichiers similaires aux powergrades de Resolve. Ils permettent de restituer la totalité de vos calques d’un BaseLight à l’autre. Contrairement aux CDLs, les informations retenues ne se limitent pas aux corrections primaires. D’après Luke Ross, ces fichiers sont limités par rapport à la version complète de BaseLight car les fichiers BLGs de BaseLight Look n’incluent pas de données temporelles. Malgré tout, l’ajout de la fonctionnalité est bienvenue.

La licence

La licence de BaseLight Look est valable 6 mois, il suffit d’en faire la demande sur le site de FilmLight. Vous recevrez un mail pour télécharger le logiciel avec la licence gratuite.

La licence est valable 6 mois et est renouvelée automatiquement du moment que votre ordinateur est connecté à internet. Il n’est plus nécessaire de renouveler une demande systématiquement à péremption de votre licence.

Les fonctionnalités

  • BaseLight Look possède le même support de fichiers sources que sa version complète. Vous ne serez pas limité(e) par un codec, une définition ou encore une profondeur d’échantillon trop importante ;
  • Il prend en charge tous les fichiers d’interopérabilité les plus répandu pour la conformation : AAF, XML (dont le FCPXML) et le CMX EDL ;
  • Toutes les fonctionnalités de TrueLight sont présentes pour assurer votre la gestion de couleurs de vos projets ;
  • Le logiciel supporte plusieurs pupitres d’étalonnage génériques (comme ceux de la marque Tangent). Mais ne prend pas en charge le « Blackboard » parmi les pupitres maison ;
  • BL Look supporte le monitoring via une interface vidéo SDI de plusieurs marques comme AJA ou Matrox. Mais pas BlackMagic (on ne rigole pas avec la concurrence) ;
  • Il support le monitoring audio jusqu’à 16 pistes ;
  • BaseLight Look permet la mise en cache YUV 4:2:0 pour les machines les moins performantes ;
  • Il est possible d’exporter la fameuse liste EDL de fin de travail pour conserver une trace texte du contenu de la timeline (EDL Index dans le Resolve) ;
  • Et un accès libre à l’API de Filmlight. Mais ça c’est plus pour les développeur. A moins qu’il soit possible de bidouiller des choses avec IFTTT… Pourquoi pas ?

Les restrictions

Si BaseLight Look est compatible avec les Macs M1, il reste des recommandations minimales pour faire tourner le logiciel :

  • macOS 10.15 Catalina au minimum ;
  • 16Go de RAM ;
  • un SSD interne pour la mise en cache.

Mais les recommandations pour espérer un bon fonctionnement du logiciels sont :

  • macOS 12 ;
  • FilmLight recommande l’utilisation d’un Mac Studio donc avec une puce M1 Max ;
  • 64Go de mémoire unifiée (RAM façon puce Apple Silicon ARM) ;
  • Des disques haute performance SSD ou HDD en RAID pour la lecture en temps réel et la mise en cache ;
  • FilmLight recommande également l’utilisation d’une interface vidéo (mais rien à voir avec les performances de la machine).

Les restrictions

Pour un logiciel gratuit, c’est normal. Même HitFilm en a !

  • Pour les exports, BaseLight Look continue de limiter les exports aux séquences d’images JPEG et aux vidéo AVC ;
  • Il n’est pas possible d’échanger une timeline (scene) d’un BaseLight Look à un une version complète de BaseLight ;
  • Le logiciel n’est compatible qu’avec macOS, Intel ou M1 ;
  • Une consolidation n’est pas possible avec cette version ;
  • L’inexistence de données temporelles avec les BLGs notée plus haut.

Notes d’Installation

Au cas où vous iriez trop vite lors de l’installation, FilmLight suggère d’entrer une ligne dans le terminal pour éviter des erreurs avec la base de données. Si vous l’avez passé trop vite sans la lire, voici la ligne :

Message informatif de BaseLight Look

sudo fl-service setup vol

(Je sais que les macs peuvent sélectionner du texte sur une image maintenant, mais au cas où, je vous ai réécris la ligne pour pouvoir la copier)

Après l’installation, il vous faudra redémarrer le Mac. Une fois relancé, ouvrez le terminal et copiez/collez la commande ci-dessus.

C’est la fin de l’article ! Je vous souhaite bien du plaisir avec cette nouvelle version gratuite de BaseLight !!

Cinématographiquement…

CC-BY-SA

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Mozilla, en étroite collaboration avec Industrial Light & Magic (Société d’effets spéciaux de George Lucas), ont développé une extension qui permet d’inhiber ces interprétations du signal avec leur navigateur Firefox : Extended Color Management.

Les liens sont en haut de l’article. Il vous suffit de télécharger Firefox puis d’installer l’extension Extended Color Management.

Après utilisation, j’ai constaté une grosse différence sur les contenus vidéo en ligne, même sur YouTube où les couleurs sont bien plus vives. Sur certaines vidéos, j’ai également vu une différence de contraste certainement dû à une mauvaise édition des « Color Tags » évoqués plus tôt.

Aujourd’hui (25/07/2022), l’extension désactive la courbe HDR sur YouTube. Ainsi si votre écran est compatible avec les courbes PQ ou HLG, activer l’extension supprimera l’effet du HDR. L’extension produit l’effet inverse pour ces vidéos avec des couleurs plus ternes et un contraste moins marqué.

 

Sans l’extension Extended Color Management

Sans l’extension Extended Color Management

(Image tirée de la web série Marcus et Mercier de Michaël Marie et Anthony Légal – ANKA Films)

Il est très agréable de voir des couleurs du SDR ravivées par cette extension. Cependant, les écrans actuels ont tendance à exagérer la pureté et le contraste pour flatter leur dalle. Je me réjouis de voir ce genre d’extension pour tenter de préserver le travail effectué à l’étalonnage mais attention, il faut bien faire attention à la calibration de l’écran qui nous sert à visionner pour ne pas fausser le rendu dans l’autre sens.

Petite Note : J’allais sur un site avec beaucoup de couleur qui ne me dérangeaient pas sans l’extension. Depuis que j’ai installé l’extension, il est, à mon goût, difficile à regarder. L’extension ne me semble pas adapté à toutes les situations. De plus, il est nécessaire de quitter Firefox quand l’Extended Color Management est activé ou désactivé ce qui est quelque peu contraignant.

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